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Un petit coup de pompe, et ça repart !

Moral dans les chaussettes, coup de blues, découragement; voilà mon sentiment d’hier… La vie de thésard, c’est pas si simple, surtout quand on n’a pas de financement! Pourquoi ce coup de pompe? Je vous explique en plusieurs points.

  • L’absence de financement: c’est l’élément central de toutes mes difficultés. Si pas de financement, pas d’argent donc pas de quoi payer tranquillement son loyer! Du coup, il faut bosser. Mais bosser à côté veut dire pas de temps pour la thèse; bref, le serpent se mort la queue (pour utiliser une expression culcul);
  • Trop de travail à côté: en ce moment, je n’arrête pas de courir dans tous le sud-est de la France. Je travaille avec un organisme privé qui m’envoie faire des formations en peu partout. Le problème? Depuis la mi-mai, les formations n’arrêtent pas, du coup, je court à droite, à gauche, en haut, en bas… Et c’est épuisant de faire toujours la même chose avec des heures de voiture (je ne suis pas VRP, merde!). Bref, ça me bouffe un temps fou, mais ça paie bien!
  • Trop de sollicitations pour travailler: la rançon du succès certainement! On me contacte pour des missions dans plusieurs endroits. C’est toujours sympathique, cela donne une bonne image et permet de communiquer autour de ma petite structure Legaletic-Pro, mais c’est encore le planning qui se remplit! Remarque, c’est plutôt une bonne chose que ces sollicitations!
  • Des retards de paiement à répétition!: c’est certainement le plus dur! Par exemple, j’ai travaillé en octobre-décembre et je n’ai toujours pas reçu le paiement de ces travaux!! C’est inadmissible, c’est l’administration! On est obligé de courir après les services pour savoir où ça en est, pour les harceler, demander, produire des papiers, etc. Épuisant moralement et une énorme perte de temps! Mais aussi, comment faire sans argent? Agios, retards de paiement, pas de réservation pour partir quelques jours voir la famille, pas de restos, sorties limitées, courses faites au rabais…. Merde, c’est pas honnête et ça fout un gros coup au moral!!
  • Des couleuvres à avaler: Je déteste les serpents et pourtant j’en mange souvent! C’est un sport national à l’université. « ça va s’améliorer », « je vous promets que dans deux semaines votre situation sera régularisée », « oui, vous aurez un poste stable »… bref, toutes ces conneries que l’on entent souvent et dont jamais on voit le 1/10e…
  • Correction de copies: à chaque semestre, c’est pareil! Plus de 200 copies (ce semestre, exactement, 262) à corriger dans un délai très court, non payées bien évidemment! Mélangée à tous les autres travaux, ça devient vite l’enfer en terme d’organisation et de gestion du temps…

Les copies en attente de correction

  • Recherches des TD pour l’année suivante: comme tous les ans, il faut courir après les profs pour demander s’ils voudraient bien nous prendre ou reconduire comme chargé de TD dans leur matière… Et souvent, la réponse reste floue, voire absente… « Il faut que je vois si les statuts des anciens sont modifiés », « je ne peux pas vous dire, mais je prends note », etc. Du coup, pas de réponse et si cela refait comme l’année passé, réponse des affectations 3 jours avant le début des cours! Fantastique! (voir cet article sur l’affectation des TD)
  • No future !: On vous fait aussi comprendre, assez régulièrement, que la Maîtrise de conférence, c’est bouché! Il ne faut pas rêver, qu’il faut penser à autre chose! Comme si on ne le savait pas déjà !! Moi, je leur répond à ma manière « La maîtrise de conf’? Non, c’est pas pour moi, moi, c’est l’agrég! » ou alors, encore plus vrai: « On m’a toujours découragé dans ce que j’ai entrepris, c’est pas aujourd’hui que ça va commencer! »… Et, avec tous ces découragements que l’on vous adresse de manière récurrente, on vous demande quand même (on ne sait jamais!) de faire des TD, d’écrire des articles, de participer à des colloques, de participer à la vie du centre de recherche, etc… tout cela parce que même si on n’a pas besoin de vous plus tard, c’est maintenant que les « petites mains » sont gratuites.
  • Les articles à écrire n’avancent pas: Donc, obligation d’écrire des articles. Avec tout cela, difficile de les avancer. J’en traine un depuis 3 mois et je peine à le terminer. Je dois en modifier un autre, mais c’est dur de dégager du temps.
  • La thèse n’avance pas: dernière roue du carrosse, la thèse. Elle n’avance pas! C’est toujours elle qui passe en dernier alors qu’elle est l’élément essentiel qui conditionne tout ce qu’il y a au dessus. Paradoxe parfois insoutenable et voilà pourquoi le moral est passé au fond des chaussettes (même si le temps est maintenant à la tong!)…

Solution? Optimisme? Toujours!

Je ne suis pas homme à me laisser démonter. Étant donné les multiples retards de paiements, je vais avoir un été doré (normalement). Du coup, j’arrête tout et je me consacre qu’à la thèse. Objectif: écrire une partie (soit la moitié de la thèse) en un été. C’est faisable, ça sera fait!

Morale de l’histoire: faire une thèse sans financement, c’est s’en prendre plein la gueule, partir de plus loin que tout le monde, galérer beaucoup plus que tous les autres… Faut être costaud et savoir où l’on va. Moi, je sais où je vais maintenant: rédiger ce *%£¨d’article que je dois faire partir bientôt!

  1. 09/06/2010 à 15:31 | #1

    courage Vodka-Speck for ever! un jour tu leur botteras les fesses à tous avec ta thèse qui va déchirer :) et quitte à manger des pâtes parce que les fins de mois sont rudes, vient les manger à Fongate !

  2. mariannebxl
    09/06/2010 à 18:57 | #2

    mince moi qui t’ai eu hier j’espère ne pas avoir contribué à ton pétage de moral (en te chargeant un peu plus la mule ^^)… Allez forza tu vas tout péter !

  3. Del
    09/06/2010 à 20:56 | #3

    Punaise, pas rassurant tout ça, pour moi qui m’inscris à la rentrée en 1ère année ! Surtout que je bosse à temps plein et que j’ai un p’tit gars de 2 ans et qu’en plus je vais faire aussi un D.U. ! lol
    Mais non, j’me complique pas la vie (du tout, du tout :D )
    Nan mais le pire, c’est que je rêve d’être à ta place là, cours à préparer, la vie de l’université, formations à donner, copies à corriger, etc etc (non suis pô folle ! lol)
    Bon courage en tout cas !!!

  4. Ludivine
    09/06/2010 à 23:29 | #4

    Coup de pompe tu dis…Moi je suis épuisée, épuisée de bosser, épuisée de m’être donnée à fond pendant trois ans pour…..pas grand chose puisque pas de poste d’ATER et donc, l’année prochaine, incertitude, TD, copie et …..thèse! Je ne sais plus trop, bref, moral au plus bas! Bon, on en reparle dans une semaine, quand la pilule sera vraiment passée…

  5. Thesounette
    10/06/2010 à 10:30 | #5

    Quelle parfaite description de la situation de tout thésard en phase finale !!!
    J’adhère surtout au paragraphe sur les retards de paiement (j’en suis à 1 mois de salaire, au total, dû par l’université !)
    Bon courage en tout cas, je ne comprends que trop bien cette situation !!!!!!

  6. Jona
    20/06/2010 à 01:04 | #6

    Allez courage mon chou ! Tu vas avoir plus de temps maintenant pour bosser ta thèse avec les TD en moins. Et puis on va se voir bientôt ;) ! Bisous

  7. Cyril
    27/06/2010 à 12:02 | #7

    Moi, j’ai finalement sacrifié la mienne, parce que j’étais mal entouré. Par ailleurs, il a été difficile pour moi de trouver un autre directeur (je n’ai vraisemblablement pas réussi à en trouver un ; en revanche, j’ai trouvé l’inquiétude qu’une partie de mes recherches soit pillée) et il m’est peut-être impossible d’en trouver un. Je bossais à mi-temps à côté de ma thèse (dans un boulot plutôt aliénant), depuis le commencement, mais j’ai souvent estimé que j’avançais assez bien (contrairement à de nombreux thésards, je sais). À présent, je suis écœuré par le milieu de la recherche, qui, souvent, est aussi un lieu de pouvoir et où la mesquinerie et la mauvaise foi dirigent quelquefois les choses. Venant d’un milieu social modeste (ma mère était secrétaire et mon père artisan), je croyais encore assez récemment qu’on pouvait s’en sortir lorsqu’on était doué et travailleur mais, aujourd’hui, je vois bien que ce n’est pas forcément le cas et qu’il est préférable souvent d’être « bien né ». Enfin, qu’on ne me dise plus que je manque d’optimisme !

  8. aziz
    01/02/2011 à 01:28 | #8

    bon courage. d’autres universitaires galèrent avec des thèses d’etat en poches.

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