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La compétition pour les postes d’ATER

Depuis quelques semaines, la compétition aux Postes d’ATER est ouverte dans la majorité des universités françaises. ATER, pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, veut dire Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche. Concrètement, il s’agit d’un contrat d’un an avec une université pour laquelle on effectue des enseignements et des activités de recherche. Pour y postuler, il faut avoir l’accord du directeur de thèse qui déclare sur son honneur que vous allez soutenir dans l’année; ou alors s’engager à s’inscrire à un concours de l’enseignement sup’ si la soutenance a déjà eu lieu. Généralement, cela se fait après la 3ème année de thèse (si elle a avancé) ou encore plus tard (4ème, 5ème…).

Le recrutement se fait sur dossier; étant donné qu’il n’y a pas beaucoup de postes par université, la concurrence est rude, voire très rude; notamment dans les matières littéraires et les sciences humaines. Ces matières où la thèse dépasse très facilement les 3 ans… Pour les sciences dures, on privilégie plutôt un post-doc qui est mieux payé (je crois…) [Voir le commentaire d'Aratta pour une précision sur les sciences dures]

Bref, je me suis lancé dans l’aventure depuis le mois de mars. Au programme:

  • Recherche des postes ouverts et leur date d’ouverture pour les inscriptions sur tous les sites des universités de France. Heureusement, la Gilde des Doctorants propose une synthèse avec les liens, ce qui permet de gagner un peu de temps
  • L’évaluation des fiches de postes. Les postes peuvent être profilés, c’est-à-dire qu’une description précise du profil du candidat et du futur élu est détaillé.
  • La constitution des dossiers. A minima, il faut un CV universitaire détaillé (travaux de recherches, publications, enseignements, etc.), une présentation des travaux, 1 pièce d’identité, 1 déclaration de candidature, 1 attestation du directeur de thèse (si t’as pas soutenu) ou engagement à se présenter à un concours, et des enveloppes timbrées. Peuvent se rajouter d’autres pièces, notamment une lettre de motivation.
  • L’envoi des dossiers complets dans les délais prévus.

Ensuite, les universités sélectionnent les dossiers par l’intermédiaire d’un Comité consultatif. Peuvent être organisées des auditions d’une sélection de candidats. Ensuite, un classement est fait avec une liste complémentaire.

Le nombre de postes varie en fonction des universités: cela va de 1 poste à une dizaine, grosso modo, pour ma filière droit. Les postes ouverts se font en fonction des sections CNU. Bref…

Chaque université met en place une politique de recrutement différente, ce qui fait que la constitution des dossiers est très complexe. je vous propose quelques exemples des procédures, mais je ne citerais les universités auxquelles je fais référence:

  • Le cas classique: envoyer le dossier en 1 exemplaire complet par la Poste
  • Le cas « light »: pré-remplir les informations en ligne et n’envoyer les pièces que si la candidature est pré-sélectionnée
  • Le cas classique dématérialisé: envoyer le dossier en 1 exemplaire par courriel (idéal pour les DOM-TOM)
  • Le cas dématérialisé: envoyer tous les éléments à travers un portail dédié
  • Le cas hybride: remplir le dossier en ligne, à imprimer et à envoyer avec toutes les pièces
  • Le cas fumant: Envoyer le dossier par mail puis par courrier
  • Le cas « bilan carbone explosé »: envoyé en 3 exemplaires le dossier pour chaque poste postulé (les autres étant généralement 1 dossier par section CNU)

Bref, les réponses et convocations pour auditions tombent entre début mai et début juillet au plus tard. Il faut donc jouer très serré et stratégique car la concurrence est très rude et les résultats arrivent au compte-goutes. Bref, accepter 1 université sans avoir la réponse des autres, c’est périlleux.

Ceci étant, je me suis fait un classement quadri-colore en fonction des envies, distances, réputations, ce qui doit m’aider à accepter ou refuser des propositions…

Bref, c’est un bon bazar cette affaire, mais une étape obligée…

  1. 15/05/2011 à 17:37 | #1

    Tu as oublié qu’en général, le candidat pour un ATER a déjà été pré-sélectionné avant même que les candidatures soient ouvertes (du moins au niveau des sciences dures).

    Sinon, petite rectification: en sciences dures, une ATER ne se fait que lorsque la thèse dure plus de 3 ans, car tu n’as plus de financement (et un labo n’accepte que les thésards financés).
    Le post-doc, comme son nom l’indique, n’est possible qu’après la soutenance, et est obligatoire si tu veux poursuivre ta carrière dans la recherche. Enfin, personne ne dit qu’il est obligatoire, on va dire que c’est officieux.

    Dans tous les cas, je te souhaite bon courage pour l’obtention de ton ATER :)

  2. 16/05/2011 à 07:39 | #2

    Aratta :

    Tu as oublié qu’en général, le candidat pour un ATER a déjà été pré-sélectionné avant même que les candidatures soient ouvertes (du moins au niveau des sciences dures).

    Merci de m’y faire penser! C’est la même chose chez nous; j’ai rajouté une ligne à ce sujet (postes pressentis)

  3. Math
    17/05/2011 à 15:17 | #3

    Effectivement, la plupart du temps les ATER sont recrutés sans surprise en local… D’où la quasi certitude de ne pas être pris dans les grandes universités ! Il n’y avait pas de poste dans mon université mais j’ai eu la chance d’être recruté dans un trou perdu : forcément, il n’y avait pas de candidat local ! Alors bon quand sur plus de 20 demandes tu en as une qui marche, c’est déjà un record ! Pour ton schéma qui doit te laisser le choix, ne te fais pas trop d’illusions : si tu as un poste et un seul, c’est déjà bien. A moins d’être candidat local ou sorti d’une grande école ou agrégé ou de connaître du monde…

  4. 17/05/2011 à 19:03 | #4

    Math :

    Pour ton schéma qui doit te laisser le choix, ne te fais pas trop d’illusions : si tu as un poste et un seul, c’est déjà bien. A moins d’être candidat local ou sorti d’une grande école ou agrégé ou de connaître du monde…

    @Math
    Ou d’avoir un bon dossier, non??^^

  5. 17/05/2011 à 19:23 | #5

    Cher Math,

    Chaque doctorant est au courant des cooptations en vigueur dans les facs et ce à tout poste que ce soit, ATER ou CNU. Si les murs parlaient, il y aurait de quoi écrire une production à faire pâlir JK Rowling.

    Sans doute, as-tu vu ta candidature recalée et sans doute es-tu aigri par le manque d’explications.

    Ceci étant, il convient de ne pas se méprendre : l’on n’est pas ATER par hasard, sur un simple carnet d’adresses. Ainsi, le maître de ces lieux thésardant sur les nouvelles technologies a un sujet innovant et diverses publications reconnues.

    Conséquemment, l’échec d’ATER s’explique par un mauvais dossier, comprendre une thèse guère avancée.

    Amitiés doctorantines.
    sa

  6. Math
    23/05/2011 à 11:38 | #6

    Non non je te rassure, j’ai eu un poste d’ATER il n’y a donc aucune aigreur de ma part ! J’ai même été bien classé dans plusieurs universités (toujours après les locaux bien sûr)… Simplement un constat en voyant les choses (et les commissions de recrutement) fonctionner. Bien sûr tout un chacun connait « les cooptations en vigueur ». La question est bien de savoir si ce système doit perdurer. Dans mon département, on se positionne a priori contre les recrutements locaux (sauf si cela se justifie scientifiquement bien sûr) mais ailleurs, cela ne fonctionne souvent pas pareil. Le dossier a son importance : il faut ben sûr qu’il soit bon. Ce que j’exprimais c’est qu’à dossier équivalent, le local sera privilégié, cela ne fait aucun doute. C’est une pratique que tout le monde connaît, certes, mais doit-elle perdurer pour autant ? Surtout que le fonctionnement est quasi similaire chez les maîtres de conférence !

  7. 23/05/2011 à 11:50 | #7

    Math :

    Non non je te rassure, j’ai eu un poste d’ATER il n’y a donc aucune aigreur de ma part !

    Tant mieux , bravo ;-)

    Math :Ce que j’exprimais c’est qu’à dossier équivalent, le local sera privilégié, cela ne fait aucun doute. C’est une pratique que tout le monde connaît, certes, mais doit-elle perdurer pour autant ? Surtout que le fonctionnement est quasi similaire chez les maîtres de conférence !

    Nous sommes alors tout à fait d’accord, la préférence locale est un fait. Mais dans des grosses universités, parfois ont de la place pour les autres. Les petites aussi qui préfèrent prendre un extérieur pour se développer…
    En revanche, je connais des facs qui ne prennent QUE du local et QUE des allocataires: « Pour ne pas se contredire face au choix que la commission a fait pour donner les alloc’ »…
    Bref, il faut jouer des coudes, mais ça passe ;-)

  8. 26/05/2011 à 09:59 | #8

    Je comprends tout … à fond ! Passe sur mon blog si tu en as envie … je cause aussi des affres de la thèse !

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