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Archives pour la catégorie ‘Les cours / TD’

Bilan de la campagne d’ATER

02/09/2011 iWilex 2 commentaires

Je prends quelques secondes ce soir, car je n’ai finalement pas encore rédigé la suite de mon billet sur la campagne d’ATER du printemps dernier.

Je me suis épanché longuement sur les incohérences des méthodes de constitution des dossiers et de l’absence de cohésion entre les universités pour harmoniser le recrutement.

Finalement, les réponses furent dans la même lignée. Une bonne partie des universités ne répond pas, malgré les enveloppes que l’on a jointes lors de l’envoi du dossier.

Lorsque les réponses sont positives, c’est toujours fait par téléphone; réponse immédiate ou très rapide obligée. Les « parisiennes » font des entretiens. Le double de candidats que de postes, une demi-journée d’attente dans le couloir pour être confronté à une commission d’une bonne dizaine de professeurs… Rien d’impressionnant, hein ;-) .

La difficulté réside donc dans la sélection des propositions.

Bon, pour ma part, cette période s’est bien voire très bien passée :-D donc pas de souci ;-) . Je peux rédiger sereinement et préparer la nouvelle année avec sérénité!

La compétition pour les postes d’ATER

15/05/2011 iWilex 8 commentaires

Depuis quelques semaines, la compétition aux Postes d’ATER est ouverte dans la majorité des universités françaises. ATER, pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, veut dire Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche. Concrètement, il s’agit d’un contrat d’un an avec une université pour laquelle on effectue des enseignements et des activités de recherche. Pour y postuler, il faut avoir l’accord du directeur de thèse qui déclare sur son honneur que vous allez soutenir dans l’année; ou alors s’engager à s’inscrire à un concours de l’enseignement sup’ si la soutenance a déjà eu lieu. Généralement, cela se fait après la 3ème année de thèse (si elle a avancé) ou encore plus tard (4ème, 5ème…).

Le recrutement se fait sur dossier; étant donné qu’il n’y a pas beaucoup de postes par université, la concurrence est rude, voire très rude; notamment dans les matières littéraires et les sciences humaines. Ces matières où la thèse dépasse très facilement les 3 ans… Pour les sciences dures, on privilégie plutôt un post-doc qui est mieux payé (je crois…) [Voir le commentaire d'Aratta pour une précision sur les sciences dures]

Bref, je me suis lancé dans l’aventure depuis le mois de mars. Au programme:

  • Recherche des postes ouverts et leur date d’ouverture pour les inscriptions sur tous les sites des universités de France. Heureusement, la Gilde des Doctorants propose une synthèse avec les liens, ce qui permet de gagner un peu de temps
  • L’évaluation des fiches de postes. Les postes peuvent être profilés, c’est-à-dire qu’une description précise du profil du candidat et du futur élu est détaillé.
  • La constitution des dossiers. A minima, il faut un CV universitaire détaillé (travaux de recherches, publications, enseignements, etc.), une présentation des travaux, 1 pièce d’identité, 1 déclaration de candidature, 1 attestation du directeur de thèse (si t’as pas soutenu) ou engagement à se présenter à un concours, et des enveloppes timbrées. Peuvent se rajouter d’autres pièces, notamment une lettre de motivation.
  • L’envoi des dossiers complets dans les délais prévus.

Ensuite, les universités sélectionnent les dossiers par l’intermédiaire d’un Comité consultatif. Peuvent être organisées des auditions d’une sélection de candidats. Ensuite, un classement est fait avec une liste complémentaire.

Le nombre de postes varie en fonction des universités: cela va de 1 poste à une dizaine, grosso modo, pour ma filière droit. Les postes ouverts se font en fonction des sections CNU. Bref…

Chaque université met en place une politique de recrutement différente, ce qui fait que la constitution des dossiers est très complexe. je vous propose quelques exemples des procédures, mais je ne citerais les universités auxquelles je fais référence:

  • Le cas classique: envoyer le dossier en 1 exemplaire complet par la Poste
  • Le cas « light »: pré-remplir les informations en ligne et n’envoyer les pièces que si la candidature est pré-sélectionnée
  • Le cas classique dématérialisé: envoyer le dossier en 1 exemplaire par courriel (idéal pour les DOM-TOM)
  • Le cas dématérialisé: envoyer tous les éléments à travers un portail dédié
  • Le cas hybride: remplir le dossier en ligne, à imprimer et à envoyer avec toutes les pièces
  • Le cas fumant: Envoyer le dossier par mail puis par courrier
  • Le cas « bilan carbone explosé »: envoyé en 3 exemplaires le dossier pour chaque poste postulé (les autres étant généralement 1 dossier par section CNU)

Bref, les réponses et convocations pour auditions tombent entre début mai et début juillet au plus tard. Il faut donc jouer très serré et stratégique car la concurrence est très rude et les résultats arrivent au compte-goutes. Bref, accepter 1 université sans avoir la réponse des autres, c’est périlleux.

Ceci étant, je me suis fait un classement quadri-colore en fonction des envies, distances, réputations, ce qui doit m’aider à accepter ou refuser des propositions…

Bref, c’est un bon bazar cette affaire, mais une étape obligée…

Nouvelle année, nouvelles résolutions ou révolution?

01/01/2011 iWilex un commentaire

Il est grand temps, en ce 1er janvier, de vous saluer, chers lecteurs, amis thésards, docteurs, universitaires, étudiants ou professionnels et de vous remercier pour vos commentaires, soutiens, amitiés et discussions passionnées. J’en profite aussi, comme la tradition l’exige, de vous souhaiter une merveilleuse année, pleine de réussite et de toutes ces choses de la vie qui l’améliorent.

En ce qui me concerne, et je pense qu’une grande partie des thésards seront du même avis, je souhaite plus de temps pour rédiger la thèse, réfléchir au sujet et, a minima, faire illusion d’un véritable talent ;) .

Pour le reste, je tâcherai d’écrire un peu plus régulièrement sur ce blog, d’être encore plus fou dans ma vie privée, toujours plus d’exercices loufoques pour mes étudiants et passionné par ce que je fais !

2011, année de la thèse, je l’espère; année de la joie, je l’assure.

Bonne année à tous!

Le PowerPoint en cours et TD, utile ou débile ?

22/10/2010 iWilex 6 commentaires

C’est une question que je me pose après quelques cours donnés avec un support de présentation, mais aussi après les articles nombreux qui ont commenté le désormais célebre livre de Franck Frommer La Pensée PowerPoint: Enquête sur ce logiciel qui rend stupide.

La critique du PowerPoint repose sur la prépondérance de la forme en dépit du message de fond aboutissant à une démarche plutôt séductrice mais qui omet complètement le fond des sujets et les véritables problématiques. Le risque est de tomber dans la banalité des expressions synthétisant trop la complexité d’une idée, en la vidant de son sens, voire de son intelligence.

Toutefois, cette critique est destinée à ceux qui ne savent pas faire de PowerPoint et qui simulent une communication intelligence et directe soutenant un discours pas forcément plus développé.

La présentation doit être animée et visuelle, pas simplement se résumer à une accumulation de titres. Dans mes présentations, j’utilise beaucoup de schémas, voire d’animations venant synthétiser schématiquement une idée complexe présentée à l’oral.

En revanche, le comportement des récepteurs du message est plus surprenant. Le principal exercice n’est plus d’écouter ni de comprendre, mais de prendre en note ce qui apparait au tableau… Un peu déroutant d’entendre les claviers s’activer et les stylos écouler l’encre sur le papier à chaque changement de slide. À mettre trop de contenu, on risque de ne plus avoir besoin de parler puisque personne ne vous écoute.

Du coup, l’astuce est de procéder par schémas et mots-clés nécessitant une explication orale pour comprendre la relation entre eux et obtenir des explications précises.

Toutefois, en droit pur, l’exercice est délicat puisqu’entre les articles de lois, dispositions du code ou jurisprudences, le contenu reste très littéraire. La présentation visuelle est alors superflue et risque de transformer le cours en une simple séance de copiage. Finalement, seul un public averti et libéré du cadre purement consumériste d’un cours peut apprécier la présence d’un PowerPoint et en tirer des bénéfices certains… Sinon, le public est aliéné par l’écran et perd clairement son temps…

Ceci dit, aux conférences TED, les PowerPoint sont présents; les conférenciers et les auditeurs sont loin, très loin, d’être débiles… Alors…

Ouf! Correction de copies terminée!

C’est un grand soulagement! On se sent plus léger, enfin libéré de cette corvée!

Quoi qu’on en dise, la correction de copies reste un moment très difficile à vivre. Ce semestre, au programme, 260 copies, dans la moyenne de ce qui se fait. Certains en ont eu plus de 400… En moyenne, par copie, entre 6 et 8 pages rédigées, cela nous fait environ du 2.400 à 3.200 pages lues en 2 semaines… Pour moi, environ 1.560 à 2.080…. Autrement dit, au minimum 3 ou 4 thèses lues en entier, et corrigées !! C’est énorme! Et tout cela avec des écritures parfois illisibles…

Bref, on ne va pas non plus se plaindre, mais je vous propose un petit constat de la pratique.

La correction de copies, c’est tout un art. Évidemment anonymes, les travaux de ces braves étudiants recèlent parfois de petites blagues, surtout quand la connaissance n’y est pas:

16 pages rédigées en 2h: le record de l'année

  • La copie presque blanche: ne sachant rien, l’étudiant a attendu 1h avant de pouvoir sortir et, sympathiquement, a écrit quelques lignes…
  • La copie « journal intime »: plus difficile car elle part du sujet et dérive rapidement sur le thème « Le sujet, moi, ma vie, mon oeuvre, mon âme »
  • La copie café du commerce: dans un sujet prêtant au débat, on arrive à avoir une copie digne du café du commerce en disant que la politique est composée que de pourris
  • La copie « Petit reporter »: on raconte tout ce qu’on a vécu et vu sans l’analyser et cela permet de passer de la bataille de Salamine à celle de Valmy puis à la Saint-Barthélémy en 2 lignes…
  • La copie citations: on a appris des citations, il faut ABSOLUMENT les ressortir. Il n’y a donc aucune cohérence dans la copie à part la volonté de montrer que l’on a appris (sans réfléchir) toutes les citations données par le prof
  • La copie avec plan préparé à l’avance: c’est peu fréquent de le remarquer sauf lorsque l’on suit l’étudiant sur le long terme. La tactique? Toujours proposer le même plan, quelque soit le sujet. ça peut être payant car le contenu est bien su et bien préparé, mais difficile à coller au sujet. Et lorsque c’est grillé, pas de pitié!

Bref, on s’éclate. Sinon, pour les perles de copies, je vous invite à regarder à nouveau les perles de partiels et perles d’examen.

Un petit coup de pompe, et ça repart !

09/06/2010 iWilex 8 commentaires

Moral dans les chaussettes, coup de blues, découragement; voilà mon sentiment d’hier… La vie de thésard, c’est pas si simple, surtout quand on n’a pas de financement! Pourquoi ce coup de pompe? Je vous explique en plusieurs points.

  • L’absence de financement: c’est l’élément central de toutes mes difficultés. Si pas de financement, pas d’argent donc pas de quoi payer tranquillement son loyer! Du coup, il faut bosser. Mais bosser à côté veut dire pas de temps pour la thèse; bref, le serpent se mort la queue (pour utiliser une expression culcul);
  • Trop de travail à côté: en ce moment, je n’arrête pas de courir dans tous le sud-est de la France. Je travaille avec un organisme privé qui m’envoie faire des formations en peu partout. Le problème? Depuis la mi-mai, les formations n’arrêtent pas, du coup, je court à droite, à gauche, en haut, en bas… Et c’est épuisant de faire toujours la même chose avec des heures de voiture (je ne suis pas VRP, merde!). Bref, ça me bouffe un temps fou, mais ça paie bien!
  • Trop de sollicitations pour travailler: la rançon du succès certainement! On me contacte pour des missions dans plusieurs endroits. C’est toujours sympathique, cela donne une bonne image et permet de communiquer autour de ma petite structure Legaletic-Pro, mais c’est encore le planning qui se remplit! Remarque, c’est plutôt une bonne chose que ces sollicitations!
  • Des retards de paiement à répétition!: c’est certainement le plus dur! Par exemple, j’ai travaillé en octobre-décembre et je n’ai toujours pas reçu le paiement de ces travaux!! C’est inadmissible, c’est l’administration! On est obligé de courir après les services pour savoir où ça en est, pour les harceler, demander, produire des papiers, etc. Épuisant moralement et une énorme perte de temps! Mais aussi, comment faire sans argent? Agios, retards de paiement, pas de réservation pour partir quelques jours voir la famille, pas de restos, sorties limitées, courses faites au rabais…. Merde, c’est pas honnête et ça fout un gros coup au moral!!
  • Des couleuvres à avaler: Je déteste les serpents et pourtant j’en mange souvent! C’est un sport national à l’université. « ça va s’améliorer », « je vous promets que dans deux semaines votre situation sera régularisée », « oui, vous aurez un poste stable »… bref, toutes ces conneries que l’on entent souvent et dont jamais on voit le 1/10e…
  • Correction de copies: à chaque semestre, c’est pareil! Plus de 200 copies (ce semestre, exactement, 262) à corriger dans un délai très court, non payées bien évidemment! Mélangée à tous les autres travaux, ça devient vite l’enfer en terme d’organisation et de gestion du temps…

Les copies en attente de correction

  • Recherches des TD pour l’année suivante: comme tous les ans, il faut courir après les profs pour demander s’ils voudraient bien nous prendre ou reconduire comme chargé de TD dans leur matière… Et souvent, la réponse reste floue, voire absente… « Il faut que je vois si les statuts des anciens sont modifiés », « je ne peux pas vous dire, mais je prends note », etc. Du coup, pas de réponse et si cela refait comme l’année passé, réponse des affectations 3 jours avant le début des cours! Fantastique! (voir cet article sur l’affectation des TD)
  • No future !: On vous fait aussi comprendre, assez régulièrement, que la Maîtrise de conférence, c’est bouché! Il ne faut pas rêver, qu’il faut penser à autre chose! Comme si on ne le savait pas déjà !! Moi, je leur répond à ma manière « La maîtrise de conf’? Non, c’est pas pour moi, moi, c’est l’agrég! » ou alors, encore plus vrai: « On m’a toujours découragé dans ce que j’ai entrepris, c’est pas aujourd’hui que ça va commencer! »… Et, avec tous ces découragements que l’on vous adresse de manière récurrente, on vous demande quand même (on ne sait jamais!) de faire des TD, d’écrire des articles, de participer à des colloques, de participer à la vie du centre de recherche, etc… tout cela parce que même si on n’a pas besoin de vous plus tard, c’est maintenant que les « petites mains » sont gratuites.
  • Les articles à écrire n’avancent pas: Donc, obligation d’écrire des articles. Avec tout cela, difficile de les avancer. J’en traine un depuis 3 mois et je peine à le terminer. Je dois en modifier un autre, mais c’est dur de dégager du temps.
  • La thèse n’avance pas: dernière roue du carrosse, la thèse. Elle n’avance pas! C’est toujours elle qui passe en dernier alors qu’elle est l’élément essentiel qui conditionne tout ce qu’il y a au dessus. Paradoxe parfois insoutenable et voilà pourquoi le moral est passé au fond des chaussettes (même si le temps est maintenant à la tong!)…

Solution? Optimisme? Toujours!

Je ne suis pas homme à me laisser démonter. Étant donné les multiples retards de paiements, je vais avoir un été doré (normalement). Du coup, j’arrête tout et je me consacre qu’à la thèse. Objectif: écrire une partie (soit la moitié de la thèse) en un été. C’est faisable, ça sera fait!

Morale de l’histoire: faire une thèse sans financement, c’est s’en prendre plein la gueule, partir de plus loin que tout le monde, galérer beaucoup plus que tous les autres… Faut être costaud et savoir où l’on va. Moi, je sais où je vais maintenant: rédiger ce *%£¨d’article que je dois faire partir bientôt!