Que rend heureux un thésard pendant les grandes vacances?

17/07/2011 iWilex un commentaire

À Bonne question, réponse courte.

Non, ce n’est pas la possibilité offerte de partir 3 mois à l’étranger, de faire le tour du monde à l’envers, de pioncer sur le sable fin tout l’été, de faire la tournée des ferias…

Non, en fait, ce qui rend les thésards de mon centre heureux (moi le premier!); c’est d’avoir réussi à obtenir une autorisation spéciale pour venir travailler dans nos bureaux pendant le mois d’août, alors que l’université est totalement fermée!

Ça, c’est une sacrée bonne nouvelle!!

Mais, quand on arrive à ce point de réjouissance; on se pose des questions pour savoir si on n’est pas passé de l’autre côté, celui des psychopathes de la thèse…

La méditation pour avancer dans la rédaction

19/06/2011 iWilex 2 commentaires

Finalement, est-ce la bonne méthode d’écriture que de s’enfermer dans un bureau et de se contraindre à écrire 4-5 pages par jour? Oui, bien évidemment, sur le plan comptable. Pas forcément en terme de qualité rédactionnelle et de pertinence démonstrative.

La méditation, y’a que ça de vrai! Se poser face à la grande bleue, en haut de la montagne, allongé dans les prés ou encore vautré dans son transat à admirer la lune briller au milieu de la voûte étoilée…

Thésard en pleine méditation sur sa thèse

Cette réflexion, ce détachement de la thèse permet de revenir à l’essentiel; le travail d’ensemble. La conscience révélatrice de la dichotomie de l’expérience scientifique; l’analyse de l’expérimentation empirique d’un schéma réflexif  reconstructeur et porteur d’une idéologie enracinée dans l’histoire et dans la pensée de nos prédécesseurs…

La méditation, c’est le moyen d’extirper de son travail la transcendentale métaphysique inhérente à chaque sujet de thèse. Pensez-y, ça vaut le coup de prendre un peu de recul sur son sujet…

Ou alors, c’est une bonne excuse pour se la couler douce; surtout avec ce temps!!! Et, croyez-moi d’expérience, une bonne méditation sur la plage avec une triple glace à l’italienne, prolongée par une fin de journée à la terrasse du port avec une bonne pression fraîche, y’a que ça de vrai!!! La thèse n’avance pas, mais on fait marcher l’économie!

La compétition pour les postes d’ATER

15/05/2011 iWilex 8 commentaires

Depuis quelques semaines, la compétition aux Postes d’ATER est ouverte dans la majorité des universités françaises. ATER, pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, veut dire Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche. Concrètement, il s’agit d’un contrat d’un an avec une université pour laquelle on effectue des enseignements et des activités de recherche. Pour y postuler, il faut avoir l’accord du directeur de thèse qui déclare sur son honneur que vous allez soutenir dans l’année; ou alors s’engager à s’inscrire à un concours de l’enseignement sup’ si la soutenance a déjà eu lieu. Généralement, cela se fait après la 3ème année de thèse (si elle a avancé) ou encore plus tard (4ème, 5ème…).

Le recrutement se fait sur dossier; étant donné qu’il n’y a pas beaucoup de postes par université, la concurrence est rude, voire très rude; notamment dans les matières littéraires et les sciences humaines. Ces matières où la thèse dépasse très facilement les 3 ans… Pour les sciences dures, on privilégie plutôt un post-doc qui est mieux payé (je crois…) [Voir le commentaire d'Aratta pour une précision sur les sciences dures]

Bref, je me suis lancé dans l’aventure depuis le mois de mars. Au programme:

  • Recherche des postes ouverts et leur date d’ouverture pour les inscriptions sur tous les sites des universités de France. Heureusement, la Gilde des Doctorants propose une synthèse avec les liens, ce qui permet de gagner un peu de temps
  • L’évaluation des fiches de postes. Les postes peuvent être profilés, c’est-à-dire qu’une description précise du profil du candidat et du futur élu est détaillé.
  • La constitution des dossiers. A minima, il faut un CV universitaire détaillé (travaux de recherches, publications, enseignements, etc.), une présentation des travaux, 1 pièce d’identité, 1 déclaration de candidature, 1 attestation du directeur de thèse (si t’as pas soutenu) ou engagement à se présenter à un concours, et des enveloppes timbrées. Peuvent se rajouter d’autres pièces, notamment une lettre de motivation.
  • L’envoi des dossiers complets dans les délais prévus.

Ensuite, les universités sélectionnent les dossiers par l’intermédiaire d’un Comité consultatif. Peuvent être organisées des auditions d’une sélection de candidats. Ensuite, un classement est fait avec une liste complémentaire.

Le nombre de postes varie en fonction des universités: cela va de 1 poste à une dizaine, grosso modo, pour ma filière droit. Les postes ouverts se font en fonction des sections CNU. Bref…

Chaque université met en place une politique de recrutement différente, ce qui fait que la constitution des dossiers est très complexe. je vous propose quelques exemples des procédures, mais je ne citerais les universités auxquelles je fais référence:

  • Le cas classique: envoyer le dossier en 1 exemplaire complet par la Poste
  • Le cas « light »: pré-remplir les informations en ligne et n’envoyer les pièces que si la candidature est pré-sélectionnée
  • Le cas classique dématérialisé: envoyer le dossier en 1 exemplaire par courriel (idéal pour les DOM-TOM)
  • Le cas dématérialisé: envoyer tous les éléments à travers un portail dédié
  • Le cas hybride: remplir le dossier en ligne, à imprimer et à envoyer avec toutes les pièces
  • Le cas fumant: Envoyer le dossier par mail puis par courrier
  • Le cas « bilan carbone explosé »: envoyé en 3 exemplaires le dossier pour chaque poste postulé (les autres étant généralement 1 dossier par section CNU)

Bref, les réponses et convocations pour auditions tombent entre début mai et début juillet au plus tard. Il faut donc jouer très serré et stratégique car la concurrence est très rude et les résultats arrivent au compte-goutes. Bref, accepter 1 université sans avoir la réponse des autres, c’est périlleux.

Ceci étant, je me suis fait un classement quadri-colore en fonction des envies, distances, réputations, ce qui doit m’aider à accepter ou refuser des propositions…

Bref, c’est un bon bazar cette affaire, mais une étape obligée…

La fable de la thèse

14/04/2011 iWilex 8 commentaires

C’est l’histoire d’un lapin qui fait une thèse. Le premier jour, il rencontre un loup qui lui demande :

- Eh, qu’est-ce que tu fais dans la vie, mon bon lapin ?
- Je fais une thèse !
- Une thèse ?? Hi, hi et c’est quoi ton sujet ?
- De la supériorité du lapin sur le loup

Écroulé de rire, le loup n’en croit mot. Et le lapin insiste :

-Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’a venir chez moi, je te montrerai !

Le loup, se disant qu’après tout il n’était pas pressé, et que de toute façon il pouvait manger ce lapin quand il le voulait sans aucun problème, accepte le rendez-vous.
On ne revit jamais plus le loup…

Un mois plus tard, le lapin rencontre un tigre qui lui demande :

-Eh qu’est-ce que tu fais dans la vie, mon bon lapin ?
-Je fais une thèse !
- Une thèse ?? Et c’est quoi ton sujet ?
- « De la supériorité du lapin sur le tigre »

Le tigre n’en plus de rire, et le lapin insiste:

-Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’a venir chez moi, je te montrerai !

Le tigre accepte le rendez-vous chez le lapin.
On ne revit plus jamais le tigre…

Un mois plus tard, un renard rencontre le lapin, et là encore, même scénario :

-Eh qu’est-ce que tu fais dans la vie, mon bon lapin ?
-Je fais une thèse !
- Une thèse ?? Et c’est quoi ton sujet ?
- « De la supériorité du lapin sur le renard »

Le renard moqueur, le lapin insiste pour inviter le renard chez lui. Le renard va alors chez le lapin.

Là il découvre un tas d’os de loup, un tas d’os de tigre, un tas d’os de renard, et au milieu de la pièce un lion, c’est le directeur de thèse du lapin.

Morale: peu importe ton sujet de thèse ; ce qui compte c’est le pouvoir de ton directeur.

 

Faut-il être croyant pour faire une thèse?

26/03/2011 iWilex 4 commentaires

À aucun moment avant de se lancer dans la thèse on m’avait dit qu’il fallait avoir la foi! Mais finalement, il s’avère qu’avoir la foi est un élément essentiel pour mener à bien sa thèse. Mille tentations surgissent sur le chemin du salut, des idolâtreries vous détournent de la véritable quête, une errance de 40 ans en terre arride où rien ne pousse, une flagellation quotidienne pour une chemin de croix sinueux et semé d’embuches…

Et rien, non!, rien! Le Néant! Le Vide! L’infiniment Rien! On ne voit pas la lumière! Je l’ai cherchée! Je suis allé m’exiler dans la Provence profonde pour trouver le buisson ardent, j’ai gravi la montagne Sainte-Victoire pour trouver les tables de lois, j’ai chassé les étudiants mécréants du temple Université, j’ai rendu la vue à des étudiants égarés, j’ai fait mes pèlerinages en terre de création du droit (Rome) et de coutume barbare (Marseille ;) ), j’ai honoré la mémoire des vénérables maîtres (On nous oblige, à Aix, à brûler des rameaux en l’honneur du Doyen Favoreau une fois par semaine, et on s’incline devant les portraits de Portalis, Mirabeau, Dumas, Mistral – la gloire locale , et Cézanne), j’ai conduit le peuple « vacataire » égaré vers une contrée plus éclairée (en savoirs, mais pas plus dorée), je me suis rapproché du ciel (Mont-Saint-Michel, basiliques, Sainte-Chapelle, Vatican, etc.),, j’ai illuminé les destins de nombreuses âmes vides, j’ai même rapproché mes origines culturelles avec celles des amérindiens…

De l'obscurité naquit la Lumière

Mais rien n’y fait, strictement rien! Je ne vois toujours pas le bout du tunnel, aucune lumière révélatrice en vue, aucun ange annonciateur d’une merveilleuse nouvelle, pas d’étoile ultra-brillante, pas d’étable… C’est pas faute d’avoir essayé de multiplier les Pains et les Poissons, d’avoir voulu marcher sur l’eau… et pas réussi non plus à changer l’eau du robinet en Mouton-Rothschild… Mais, bonne nouvelle, pas d’archange non plus, pas de chiffre de la Bête, les quatre Cavaliers (même pas un) ne sont pas là… Bref, tout va bien finalement, je suis juste dans le néant comme toute l’Humanité.

Il suffit donc d’avoir la Foi, on verra ensuite ce qu’il se passera. D’ailleurs, cela m’inspire une citation littéraire:

Il était une fois, un marchand de foie qui vendait du foie dans la ville de Foix. Une fois, il s’est dit « ma foi, ce n’est pas la première fois mais la dernière fois que je vends du foie dans la ville de Foix! »

La thèse, c’est donc une question de foi, mais aussi de foie! Il faut bien se nourrir et profiter des petits plaisirs terrestres, plutôt que de seulement s’abreuver de nourriture spirituelle! Le Foie est donc le meilleur ami du thésard qui tente de noyer son désespoir dans la Guiness et dans toutes les fêtes de la bière!

Oui, il faut donc être croyant pour faire une thèse! Mais l’objet de la croyance est différent en fonction de chaque affinité! Comme je le dis souvent, Dieu croit en Moi, Moi, je crois en Moi!

Amen (-moi le pastis)!

Perte de l’inspiration et du fluide…

14/03/2011 iWilex 2 commentaires

Rahhhh!!! ça m’énerve!!!

Voilà quelques jours déjà que je suis en perte de vitesse dans mon écriture et ça a tendance à m’énerver et à me frustrer! Pourtant, j’étais relancé dans une bonne dynamique depuis début février (voir le billet sur le vide intersidéral de début d’année) et mon rendez-vous avec mon directeur de thèse. Les orientations étaient bonnes, les retours et critiques positives, les projets bien ficelés, le planning dans le bon timing…

Et là, depuis quelques jours (la semaine dernière, en réalité), je n’arrive plus vraiment à écrire… Le traumatisme de la page blanche? Presque… La perte de fluide, c’est très frustrant, d’autant plus que j’ai l’habitude de rapidement me lancer et d’en tartiner sans trop de soucis.

Là, il va falloir s’adapter. J’y vois toutefois deux explications.

  • La reprise des TD et des cours: Mon cerveau est pas mal pris par l’organisation, la gestion, la correction des travaux de mes étudiants; d’autant plus que le travail que je leur demande (qui est assez pointu), je me le tape aussi à préparer, puis une 40aine de fois à corriger!

  • La partie à rédiger est complexe: En réalité, elle n’est pas complexe; elle est simplement trop grosse pour ce dont j’ai besoin dans ma thèse. Je m’explique. Je parle d’éléments connexes qui permettent de mobiliser mon sujet par ricochet. Si je n’en parle pas, on va me le reprocher. Si j’en parle, je dois le faire de manière très concise alors que le sujet ne s’y prête pas. Du coup, je bloque.

Dès demain, je repars à la rédaction, mais j’ai décidé de laisser de côté ce qui me prend la tête, pour y revenir plus tard.

Et, je viens de me souvenir que, pour demain, j’aurais du rendre une communication pour publication (web, avant le colloque, puis papier ensuite)… Vu que le colloque a lieu début avril, je vais m’accorder un peu de délai.

La thèse avant tout!!!